ALEXANDRE BIAGGI

Après avoir débuté aux Puces, Alexandre Biaggi ouvre en 1989 une boutique rue Jacob, dans le VIe arrondissement de Paris. Il y présente du mobilier et des objets d’art des XIXe et XXe siècles.
En 1996, il quitte cette adresse pour un espace beaucoup plus grand, dans le même quartier, au 14 rue de Seine. Il s’y consacre à ce qu’il aime vraiment, à savoir les figures emblématiques des arts décoratifs du XXe siècle. On trouve chez lui les plus beaux meubles de Jean-Michel Frank, André Arbus, Jacques Adnet, Paul Dupré- Lafon, Serge Roche, Jean Royère, Jacques Quinet…
Parallèlement à cette activité d’antiquaire, Alexandre Biaggi s’intéresse peu à peu à la création contemporaine et propose, au fil des années, une collection faite en exclusivité pour lui par Hervé van der Straeten, un lampadaire devenu un must réalisé par Patrick Naggar, et quelques lampes qu’il a lui-même dessinées.
Cet engouement grandissant, il décide, l’année dernière, de consacrer toute une exposition aux luminaires de Mauro Fabbro qu’il a connu à Milan. Le succès est immédiat. Il vend la quasi totalité de ses étonnantes lampes en parchemin et fer.
Cette exposition marque une nouvelle étape dans l’activité d’Alexandre Biaggi. Dorénavant, sans renoncer à présenter dans sa galerie les meubles des créateurs du XXe siècle, il va faire travailler ses contemporains. « Mon métier d’antiquaire me passionne, mais j’ai découvert que collaborer avec des artistes vivants était tout aussi intéressant. On participe au processus de création et c’est très excitant. D’autre part, dans les pièces que j’édite, on devine toujours la main de l’artisan. Le savoir-faire et la qualité du travail restent au centre de mes préoccupations. »
Démonstration avec cette exposition qui présente le travail de trois créateurs : Patrice Dangel, Simone Crestani et Mauro Fabbro, qui revient pour nous montrer une autre facette de son talent.

 

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SIMONE CRESTANI

Né à Marostica en 1984, Simone Crestani commence à faire ses armes dans l’atelier de Massimo Lunardon en 2001. Fasciné par le travail du verre, son potentiel, sa grâce, sa force et sa fragilité mêlées, il crée des verres et des vases qui ne ressemblent à aucun autre.
Très vite, son inspiration s’exprime au-delà de l’aspect fonctionnel de l’objet et ses créations deviennent de véritables sculptures.
Il nous en donne un exemple dans cette exposition avec une vingtaine d’arbres de verre, réalisés dans son atelier de Vicenza.
Des bonsaïs aux branches longues et sinueuses, très poétiques et merveilleusement décoratifs. « Je les vois comme des personnages, explique Alexandre Biaggi. Chacun a sa propre personnalité, ils sont comme habités. »
Des oeuvres qui effectivement ont une âme. Avec discrétion, Simone Crestani confesse que c’est aussi un hommage à son père, Roberto, ébéniste et grand collectionneur de bonsaïs. Une façon de poursuivre la tradition d’un geste séculaire.
Avec délicatesse.

 

 

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PATRICE DANGEL

Formé à l’école Boulle, Patrice Dangel commence à travailler à la célèbre fonderie Valsuani. Rapidement, son talent de ciseleur lui permet de devenir restaurateur d’objets d’art en bronze. Mais son passage aux Beaux-Arts lui insuffle, aussi, un désir de création qu’il commence à exprimer dans les années 80.
Les objets décoratifs qu’il dessine sont, naturellement, réalisés en bronze. C’est son

matériau de prédilection, il en aime l’austérité, mais aussi paradoxalement la malléabilité, et puis surtout la richesse des patines, leurs nuances et leur profondeur.
Pour définir son style, on pourrait dire qu’il réconcilie passé et présent, ses oeuvres sont d’une modernité très maîtrisée, elles empruntent leurs lignes au vocabulaire classique, mais elles flirtent aussi avec un côté rustique, sauvage, et cette fantaisie en libère l’aspect formel. « On dit souvent que mon inspiration vient de l’art primitif, je dirais plutôt de l’art des Scythes… »
Illustration dans cette exposition avec un guéridon au pied presque « barbare » et au plateau doré, en fait une peinture prise entre deux plaques d’altuglas, comme un fixé sous-verre, qui fait penser à de l’or en

fusion ! Sa lampe est plus étonnante encore, avec son pied en bronze, à l’aspect rugueux, et son abat-jour en plâtre, tout aussi brut, une véritable sculpture. Enfin, sa console évoque un meuble tribal, mais d’une grande sophistication.

« Le côté sculptural de ses créations, aux proportions idéales, et leur édition numérotée à 8 exemplaires en font de véritables objets d’amateurs et de collectionneurs », commente Alexandre Biaggi.

 

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MAURO FABBRO

Mauro Fabbro naît en 1973 à Bollate près de Milan. C’est au cours de ses années d’études à l’Institut d’état d’art de Monza qu’il développe sa passion pour le design, l’architecture et les arts visuels.
Son premier travail lui fait découvrir le monde du célèbre ébéniste Pierluigi Ghianda, pour lequel il dessine les illustrations d’un catalogue consacré à ses meubles et ses objets.
Les années suivantes, Mauro Fabbro fait des études universitaires d’architecture et continue des recherches personnelles dans le domaine du design.
Avant même l’obtention de son diplôme en 2005, il collabore avec l’architecte Letizia Caruzzo et dessine de spectaculaires lampes-sculptures pour des résidences à Londres et à Gstaad.
En 2009, il devient l’associé de Letizia Caruzzo et travaille désormais dans le cabinet d’architecture Caruzzo-Fabbro. Outre leur propre activité, tous deux collaborent avec le « Laboratoire d’architecture intérieure » de l’université de Milan.
L’année dernière, Mauro Fabbro exposait chez Alexandre Biaggi ses lampessculptures en parchemin et fer. Par leurs lignes, le choix de leur matière, le raffinement de leur finition, ces luminaires se situaient dans le prolongement de la grande tradition des arts décoratifs du XXe siècle, tout en étant d’une modernité éclatante.
Devant le succès de cette exposition, Alexandre Biaggi a proposé à Mauro Fabbro de présenter un autre aspect de son étonnante créativité : des tapis en peau modulables et colorés, constitués de trois pièces de taille différente, de formes irrégulières et organiques, que l’on peut disposer comme on le souhaite dans la pièce, pour une composition unique et colorée. « Une nouvelle façon de penser le tapis », s’enthousiasme Alexandre Biaggi.
Et clin d’oeil à sa première exposition, Mauro Fabbro exposera également un lustre en parchemin, mais cette fois à la forme beaucoup plus linaire.