T.H. Robsjohn-Gibbings

(1905 - 1976)

T.H. Robsjohn-Gibbings

Architecte, décorateur et créateur de meubles, les idées novatrices de Robsjohn-Gibbings sur le design d'intérieur pendant la période d'après-guerre ont eu une grande influence sur l'aménagement des intérieurs américains.

Après avoir étudié l'architecture à l'université de Londres, T.H. Robsjohn-Gibbings devient marchand d'antiquités spécialisé dans le mobilier français du 18ème siècle.
En 1936 il part s'installer à NYC. L'ouverture de son showroom, la même année, au 515 Madison Avenue à New-York est un véritable événement. Il y présente un ensemble de meubles reconstruits d'après les peintures figurant sur les vases antiques, les bronzes et les bas reliefs en marbre exposés au Bristish Museum : "On Greek vases I saw furniture that was young, untouched by time ; Vitality, surging through the human figures on the vases, surged through this furniture" (photo n°2).

Robsjohn-Gibbings devient dans les années qui suivent l'un des décorateurs les plus sollicités d'Amérique. Son travail se caractérise par une inspiration classique issue de la Grèce antique et retranscrite dans l'atmosphère moderne de la fin des années 30.

Entre 1936 et 1938 Robsjohn-Gibbings conçoit de décors privés et publics. Il réalise surtout la fameuse « Casa Encantada » de Hilda Boldt Weber à Bel-Air pour laquelle il crée plus de 200 meubles (photo n° 3). Il y satisfait sa passion pour le style gréco-romain. La villa rachetée avec son mobilier par Conrad Hilton en 1950 est revendue en 1979 à David Murdoch qui disperse le mobilier (vente Sotheby's, New-York, Thursday, February 5, 1981 : Neo-classical Art Moderne Furniture, part two).

De 1943 à 1956, Robsjohn-Gibbings, travaille pour la « Widdicomb Furniture Company ». Il en est le « chef designer » et y conçoit de nombreux modèles (photo n°4). Ce mobilier demeure aujourd'hui très apprécié pour son élégance et ses proportions généreuses. Rosjohn-Gibbings conçoit également d'autres produits fabriqués en série : des lampadaires pour Georges Hansen, des couverts et de la vaisselle pour Towle Manufacturing Company, des meubles TV pour RCA et une collection de mobilier pour Baker Furniture.
Robsjohn-Gibbings propose une esthétique alternative au plastique, au chrome tubulaire et au métal qui ont inondé l'ameublement américain après la guerre. En délaissant les matériaux synthétiques au profit de bois locaux et en créant un nouveau style, Robsjohn-Gibbings apporte une nouvelle identité à un mobilier typiquement américain destiné à la diffusion.

Robsjohn-Gibbings ne fut pas le seul, à cette époque, à créer un mobilier plus accessible. En effet, plusieurs designers de sa génération qui ont réalisé principalement des commandes luxueuses pendant l'entre deux guerres se sont tournés vers une fabrication en série dans le but de créer un mobilier moins onéreux mais tout aussi créatif et élégant. C'est ainsi que Paul T. Frankl travailla pour la « Johnson Furniture Company », Isamu Noguchi pour « Hermann Miller Furniture Company » et Frank Lloyd Wright pour « Henredon Furniture ».

En 1960 Robsjohn-Gibbings rencontre Susan et Eleftherios Saridis qui lui proposent une collaboration. Il décide alors de s'installer définitivement à Athènes et développe avec ces derniers la gamme Klimos dont les pièces, qui s'inspirent largement des lignes classiques, revisitent ses travaux de 1933 au British Museum ainsi que ses premières productions (photo n°5).

En 1961, le styliste Gustave Tassell, également féru d'antiquité gréco-romaine, demande à Robsjohn-Gibbings de concevoir le mobilier de sa maison à Los Angeles. Cette dernière a fait l'objet d'une parution dans le magasine Architectural Digest en septembre 1983 (photo n°6).

En 1963, Robsjohn-Gibbings réalise l'intérieur de la maison de vacances de Nicholas P. Goulandris à Athènes. Celui-ci traduit la sensibilité classique que Robjsohn Gibbings cherchait à raviver. Cette maison de vacance a fait l'objet d'une parution dans le magazine Vogue en 1963 (photo n°7).

Son propre appartement paru dans le magazine Architectural Digest en 1974 résume à lui seul son amour pour la Grèce antique et son aspiration à une modernité intemporelle (photo n°8)

T.H. Robsjohn-Gibbings
photo n° 2 : statuette, bristish Museum, London
T.H. Robsjohn-Gibbings
Showroom de Robsjohn-Gibbings
T.H. Robsjohn-Gibbings
photo n°3 : Casa Encantada
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photo n°4 : Widdicomb
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photo n°5 : Chaise Klismos
T.H. Robsjohn-Gibbings
T.H. Robsjohn-Gibbings
photo n°6 : Intérieur de Gustave Tassell
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photo n°7 : Intérieur de Nicholas P. Goulandris
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photo n°8 : Appartement de Robsjohn-Gibbings
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T.H. Robsjohn-Gibbings
Table tripode «Trapeza»
T.H. Robsjohn-Gibbings
Guéridon «Trapeza», 1961
T.H. Robsjohn-Gibbings
Table bureau, circa 1961