Communiqué de presse

 

 

 

Rencontre

 

Sous le regard attentif d’Alexandre Biaggi, cette exposition tisse un dialogue subtil entre trois sensibilités artistiques uniques. La rugosité poétique de Jean Grisoni, la précision rigoureuse de Ludovic Roth et la vibration picturale de Marco Lorenzetto composent un langage commun. Ils transforment matière, lumière et espace en une délicate chorégraphie. Le bronze et le bois, le verre et le métal, la couleur et le geste dialoguent, vibrent, s’effleurent. Rencontre est à découvrir du 21 novembre à fin décembre 2025 à la galerie Alexandre Biaggi.

 

Il y a des rencontres qui ressemblent à des éclats de lumière inattendus, des moments où le hasard, sous une forme d’évidence, réunit des voix que tout semble opposer et que tout, au fond, rapproche. Dans cette exposition Rencontre orchestrée par le galeriste Alexandre Biaggi, trois univers se croisent et se répondent, chacun avec sa singularité, sa respiration propre : Jean Grisoni, Ludovic Roth et Marco Lorenzetto. Trois gestes, trois sensibilités, trois manières de penser la matière, l’espace et le temps.

Jean Grisoni, le plasticien pluridisciplinaire, sculpteur d’âmes, semble dialoguer avec l’archaïque et le contemporain à la fois. De sa Méditerranée natale, il garde la lumière et la rudesse. Le bronze patiné et le bois brut qu’il assemble ne sont pas de simples matériaux : ce sont des fragments de mémoire, des talismans, des traces du geste humain. Le bronze, brutal et essentiel, est la matière même de son discours. Dans ses œuvres, le regard est invité à s’arrêter, à écouter ce que la matière murmure – un souffle ancien, presque rituel, où le temps semble s’arrête.

À ses côtés, Ludovic Roth, avec la précision d’un horloger et la délicatesse d’un poète, conçoit l’espace et les objets comme des respirations. Ses installations, ses volumes et ses lignes explorent la relation du corps à l’espace, la tension entre présence et absence. Chaque création est un instant capturé, un souffle retenu, une oscillation fragile entre densité et transparence, entre équilibre et vertige. Le verre, le métal et l’or deviennent vecteurs de perception. Ils captent la lumière, résonnent avec le mouvement. Ludovic Roth ne parle pas : il écoute, il recueille, il laisse advenir ce que l’œil ne sait pas toujours voir.

Et puis, il y a Marco Lorenzetto dont la peinture abstraite explose en vibrations sensibles. Ses tableaux, parfois minimalistes, parfois saturés de couleurs délicates et de motifs organiques, invitent le regard à se perdre et à se retrouver, à s’approcher des gestes, des rythmes et des espaces intérieurs qu’il propose. La toile devient un paysage émotionnel, un horizon intérieur où chaque nuance et chaque vide compte, où l’abstraction devient voyage. Il convoque l’émotion, fait vibrer la mémoire sensible. Ses formes, tour à tour délicates et puissantes, invitent à entrer dans un espace où le regard devient corps, et le corps, perception du monde.

Sous les projecteurs de la galerie d’Alexandre Biaggi, ces trois voix entrent en résonance, c’est une veritable rencontre, une évidence. Il ne s’agit pas de confrontation, mais d’un accord subtil, d’un dialogue esthétique, d’une polyphonie inattendue où chaque artiste conserve sa singularité tout en s’enrichissant du voisinage des autres. La brutalité de la matière et la rugosité poétique de Jean Grisoni dialoguent avec la rigueur contemplative tout en légèreté de Ludovic Roth et avec la vibration picturale et la gestualité colorée de Marco Lorenzetto. L’espace devient un opéra d’échanges silencieux et sensibles, presque musical, où les objets, les volumes et les couleurs se répondent, se prolongent et se complètent.

Le galeriste Alexandre Biaggi, avec sa sensibilité et son intelligence du regard, joue ici le rôle de catalyseur. Tel un metteur en scène, il ne choisit pas seulement des œuvres : il crée des rencontres, il tisse des liens invisibles entre des univers qui, sans lui, seraient restés isolés. Il place les œuvres, ajuste la lumière, crée des parcours, des points de suspensions…  La galerie devient un lieu de passage, d’expérience et de perception renouvelée. Notre regard est invité à ralentir, à s’immerger, à écouter les murmures des matériaux, les silences des formes et la musique des gestes.

C’est ainsi que se produit la magie de cette “rencontre” : non pas par l’addition de talents, mais par la révélation de ce qui se crée entre eux. Jean Grisoni, Ludovic Roth et Marco Lorenzetto, chacun dans son langage, disent la même chose : l’art est une expérience sensible, une manière de capter le monde à travers la matière, l’espace et le temps. Et grâce à la clairvoyance et à l’exigence d’Alexandre Biaggi, ces trois trajectoires s’entrelacent, offrant ainsi un voyage rare et profond, où l’émotion et la réflexion se rencontrent.

Dans cette exposition Rencontre, il y a la sensation d’un souffle commun, d’une lumière partagée, et le sentiment intime que, parfois, l’art ne se contente pas de se montrer : il se raconte, il se vit, il se respire. Et dans ce murmure, chaque spectateur, chaque amateur d’Art, devient complice et témoin de ce dialogue inattendu et précieux entre trois manières d’être au monde.

 

Biographies:

 

Alexandre Biaggi

Il semble marcher sur le fil du temps. Antiquaire, il a appris à lire les objets, à écouter la mémoire des matières et la respiration des formes. Peu à peu, il est devenu éditeur de design contemporain, tissant un pont entre l’histoire et l’invention, entre l’artisanat et l’imagination. Sa galerie, orchestrée avec rigueur et sensibilité, devient un lieu de rencontre.

Jean Grisoni

Plasticien pluridisciplinaire, il sculpte, assemble, relie. Son œuvre, à la croisée du bijou d’auteur, de la sculpture et du talisman, explore la mémoire sensible des matières : métal, bois, cuir, corde — tout ce qui résiste, tout ce qui garde trace. Chez lui, la matière n’est jamais muette : elle palpite, respire, murmure. Il fait dialoguer l’organique et le brut, la rigueur du dessin et l’instinct du geste, dans une tension qu’il revendique comme une “brutalité poétique”. Chaque pièce, sobre et habitée, semble arrachée à un rituel oublié, fragment d’une archéologie intime. Dans son univers, le sacré affleure sans emphase : il naît d’une économie de moyens, d’un équilibre presque musical entre poids et vide, force et fragilité. Jean Grisoni ne cherche pas à séduire, mais à révéler, ce que la matière tait, ce que le temps dépose, ce que le silence consent enfin à nous livrer.

 

Ludovic Roth

Il pense le monde à travers les formes qu’il lui donne. Designer et architecte d’intérieur formé à l’École Bleue, il conçoit espaces et objets comme autant de dialogues entre l’usage et l’émotion, la technique et le sensible. Depuis vingt ans, son parcours tisse des passerelles entre haute horlogerie et architecture intérieure, création industrielle et pièces uniques. Chaque projet témoigne d’un équilibre rare entre précision d’ingénieur et intuition poétique. Il travaille la matière avec respect, presque avec gratitude : cuir, verre, métal deviennent les acteurs silencieux d’une narration intime. Sa suspension Cosse, entrée en 2023 dans les collections du Mobilier national, illustre cette alliance de rigueur et d’élégance discrète. Lauréat du prix Le French Design 100, il poursuit aujourd’hui, au sein de son propre studio, une recherche exigeante : un design sincère, habité, où la main du créateur s’efface au profit de la justesse du geste et de la vérité du matériau.

 

Marco Lorenzotto

Né à Faenza, en Italie, Marco Lorenzetto s’est immergé dès son enfance dans l’univers de l’art et de la céramique. Après des études en sociologie à l’Université “La Sapienza” de Rome, il se tourne vers la peinture abstraite en autodidacte, nourrissant sa passion à travers des voyages et des séjours dans des villes emblématiques telles que Salamanca, New York, Paris, Berlin et Los Angeles. Ces expériences internationales enrichissent sa compréhension des mouvements artistiques et approfondissent sa recherche esthétique. Depuis 2011, Lorenzetto réside dans la cité des Anges où il dirige son propre studio. Son travail a été présenté dans des publications prestigieuses telles que Elle Decor, Vogue, The New York Times Style Magazine, Architectural Digest et Modern Luxury Angeleno. En 2017, il lance une ligne d’art de la table en porcelaine vendue chez Bergdorf Goodman à New York, alliant art et fonctionnalité. Son œuvre, caractérisée par une abstraction gestuelle et des motifs raffinés, nous invite à une exploration visuelle, où chaque tableau devient un voyage sensoriel. À travers ses créations, il fusionne tradition et innovation, offrant une perspective contemporaine sur l’art abstrait.

Quelques dates clefs :

  • 1988 : Jean Grisoni ouvre un atelier de création de bijoux avec son studio de design
  • 1996 : Création de la galerie Alexandre Biaggi
  • 2010 : Premier solo show de Marco Lorenzotto à Paris
  • 2011 : installation de Marco Lorenzetto à Los Angeles
  • 2015 : Année charnière pour Jean Grisoni qui créé ses premiers objets en bronze pour le “Loot” du MAD de New York
  • 2017 : Marco Lorenzetto dessine une ligne de vaisselle pour Bergdorf Goodman
  • 2017 : Première collaboration entre Jean Grisoni et Alexandre Biaggi
  • 2021 : création du studio personnel de Ludovic Roth
  • 2023 : entrée de la suspension “Cosse” de Ludovic Roth dans les collections du Mobilier National